"Il est bien ton appart"
La fille qui touche à tout, qui farfouille dans mes cartons à dessins, qui déclasse mes disques vinyls, caresse mes photos punaisées au mur, c’est Clara. "il est vraiment bien, j’aime beaucoup, petit veinard…"
Elle parle de mon nouveau cocon, un petit deux pièces au 5ème étage, dans le 5ème arrondissement, métro Odéon. J’ai toujours aimé ce quartier, j’y suis bien.
Clara est une copine de lycée, on s’est jamais perdu de vue depuis ces années ado. Une chic fille, avec un joli petit cul, une belle petite frimousse, on est jamais sorti ensemble. Une sorte de pacte invisible, on se connait depuis si longtemps. 15 ans. Ça semblerait incongru.
Alors on est confidents.
L’avantage d’avoir un confident du sexe opposé, c’est qu’on peut décrypter les ratages. On se raconte tout, sans détours…
"Et pourquoi ça n’a pas marché avec Hippolyte ? Et pourquoi Lucie n’est pas restée…"
On en a passé des nuits à discuter-cul, écouter, parler, comprendre, admettre. Et consoler aussi.
"Tiens on va écouter ça !!"
Elle tient comme un trésor un vieux vinyl de Devo, avec un sourire communicatif. Un disque 33 tours, jaune.
"Are we not men, we are Devo" dit-elle en sautillant sur place, de la joie enfantine dans la voix.
Le diamant se pose délicatement sur le disque. Ça craque.
Une friction sur le briquet.
Une taffe.
Une volute de fumée.
Une longue expiration.
On est tous les deux allongés sur le dos, à regarder le plafond et ses lézardes. le lit n’est pas très large, on est chacun au bord. Il y a une mouche qui tourne en rond au plafond mais on l’entend pas…
"Tu crois que j’aurais du rester avec Hippolyte ?" me dit-elle…
"J’en sais rien, tu as pleuré quand il est parti et quand il est revenu, tu l’as largué !"
/ Silence /
"C’est un con, et il baise mal… mais il m’aime"
"C’est suffisant ?" / "Non. Toi je sais que tu baises bien"
"Ah ? Comment tu sais ça ?"
"Hahaaa, c’est… Lucie qui me l’a dit !"
"Lucie, à la vache, je pensais pas qu’elle en parlerait"
"En fait, je lui ai demandé, je voulais savoir…"
Epilogue
"Tu veux te balader un peu dans le quartier ?" lui dis-je…
/ Bruit d’un mégot écrasé dans un cendrier en coquille saint jacques /
Clara s’approche à deux centimètres de moi, et me demande en me fixant dans les yeux, l’air sérieuse "Il y a quoi, dans ton putain de quartier ?"
"Heu, tu ne veux pas aller chez Shakespeare and Co avec moi, c’est juste à côté… ?"
Elle me fixe de plus belle, des secondes interminables, et semble me dire : "Embrasse-moi plutôt"
J’aime bien aussi les confidents homme.
J’aime bien tes histoires Gonzaaague !
Merci, j’aime bien aussi les tiennes…
Avoir un confident du sexe opposé, c’est essentiel.
T’es un marrant toi… J’ai cliqué dans ta colonne de droite sur mon blog et je suis arrivée chez Orfeenix et vice et versa et réciproquement !
Un acte manqué ? une inversion délibérée ?
^^
réparé, c’était une erreur de mon informatique.
Ah non, on ne peut pas rester avec quelqu un qui s’ appelle Hippolyte! Oh pardon, Gonzaaague
Aurélie, le quiproquo me flatte, moi!
je suis d’accord, en plus c’est un con et il baise mal. Il a pas grand chose pour lui !
Désolé pour l’inversion !
Je suis entièrement d’accord, rien ne vaut un confident du sexe opposé. Il est souvent de meilleurs conseils, que la meilleures des amies.
Je l’ai compris depuis longtemps. Pour vivre moins bête, avoir un confident du sexe opposé. Je suis chanceux.